“Entre le mur” de F. Begaudeau: analyse du langage familier

 

Chaque langue se caractérise par la présence de plusieurs registres dont: le registre courant, soutenu et familier. Un registre linguistique (on dit aussi niveau de langue, ou encore, style) est un mode d’expression adapté à une situation d’énonciation particulière, qui détermine notamment certains choix lexicaux et syntactiques ainsi qu’un certain ton. 

Le registre courant correspond à un langage correct, tant du point de vue lexical que syntaxique: les principales règles de syntaxe sont respectées, avec quelques tolérances (quelques ellipses et quelques abréviations lexicalisées). C’est le style attendu dans les échanges de type professionnel ou officiel, lorsque la communication est impersonnelle et implique une distance entre les interlocuteurs. Ce registre peut être utilisé à l’écrit et à l’oral.

Le registre soutenu bénéficie d’une surveillance extrême. Employé surtout dans la littérature, ce registre utilise principalement: des phrases longues avec une syntaxe complexe, un vocabulaire rare, des figures de style recherchées, des formes verbales pas utilisées à l’oral (l’imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif, le passé simple et le passé antérieur de l’indicatif), la forme interrogative directe inversée, l’inversion du sujet après certains adverbes de liaison, etc.. Généralement employé dans la langue écrite, il est aussi utilisé à l’oral, dans un contexte très formel.1

Le registre familier est surtout employé à l’oral entre proches, entre personnes appartenant à une même communauté sociale (membres de la famille, amis, camarades de classe, collègues de travail).

Entre le français oral et écrite il y a, donc, plusieurs différences. Premièrement, il faut dire que la langue oral a la caractéristique de n’être pas figée, n’ayant pas obéir à toute une série de règles grammaticales. Pour sa façon d’être continuellement en évolution, elle change vertigineusement en s’enrichissant de toute sorte de mots et d’expressions syntactiques selon le lieu géographique (dialectes), le milieu social (sociolectes) et les individus (idiolectes) et selon le temps (diachroniquement). Le but de cette mémoire est d’étudier comment la langue orale se manifeste dans le point du vue lexical, syntactique et phonétique, en prenant en analyse le livre Entre les murs de François Bégaudeau, où l’écrivaine cherche à rendre compte au plus près du réel de la vie d’une classe du collège dans le banlieue de Paris.

Le livre décrit un professeur de lettres qui s’efforce d’enseigner à des élèves d’origines multiples un français standard, finalement assez différent du leur, sans mots argotiques et populaire, sans expressions typiquement familiales. Témoignage de la césure entre les acquis culturels des classes populaires et les attentes académiques, du dysfonctionnement d’une école qui peine à réduire les inégalités, ce livre fait partie d’une littérature qui cherche à transcrire l’oralité et a célébrer une langue éminemment vivante.Entre les murs se concentre donc sur les relations compliquées d’un enseignant et de ses élèves. Le roman montre avec précision une réalité linguistique empruntée sur le langage vivant du “parler banlieue”: une langue qui se révèle riche par les registres qu’elle offre, vivante par l’appropriation dont témoignent les élèves.

Pour analyser la langue oral dans ce livre, il faut la partager en trois parties, phonétique, lexique et syntaxe, et les étudier singulièrement.

 
En ce qui concerne le niveau de la phonétique, l’auteur se sert de latranscription orthographique pour la productions graphique des sons. Dans ce contexte, on peut parler de trucage phonétique, un procédé de transcription de la prononciation des mots employé traditionnellement pour disqualifier le parler de certaines locutaires. Il s’agit d’un procédé littéraire classique pour rendre les parles populaires, provinciaux, enfantines ou déviants. Dans livre de Bégaudeau le trucage phonétique est réalisé à travers l’emploi de l’apostrophe et de l’élision de la voyelle atone finale, qui produisent l’écrasement des sons:

 

EXEMPLE DU TRUCAGE PHONÉTIQUE DANS LE TEXTE

J’te jure

toi qu’as toujours

ça s’fait pas

j’veux

J’mets

j’vous

j’sais

m’vait

m’sieur

y’a

l’temps

c’truc

t’as vu

j’m’en fiche

m’dire

qu’vous

d’façon

j’fais c’que j’veux

q’tu veux

m’en parle pas

j’vais

d’la dance

je crois qu’t’as raison

t’as vu

j’m’en fiche

j’fais c’que j’veux

qu’vous;

m’en parle pas

j’vais

d’la dance

j’crois qu’t’as raison

locurance2

Au niveau du vocabulaire, la langue oral se serve de toute une série de mots du langage populaire et de l’argot qui ne sont pas admis dans la langue standard. Avec le nom “argot” on désigne une langue familière inventée par un milieu fermé, dont de nombreux mots passent dans la langue commune oral. L’argot français contemporain est parlé surtout par la jeunesse, exclusivement dans un contexte familier. On l’appelle à ce propos, langue djeunz (de djeunz, qui signifie «jeunes» dans cet argot) ou, langue des cités ou, encore, argot des cités, parce qu’il se parle particulièrement dans les quartiers populaires (les cités) de France. L’argot contemporain répond aux mêmes finalités que l’argot classique, en conservant notamment les mêmes fonctions exclusive et identitaire. Cependant, la diffusion des sms et de la culture hip-hop sur une large échelle a permis deux évolutions: d’une part, la diffusion de cet argot dans la société en dehors des quartiers populaires où il était utilisé principalement, ce qui a déplacé une partie du vocabulaire propre à cet argot dans le registre familier; d’autre part, une relative unification de cet argot au niveau du pays, même si des nuances locales et régionales continuent d’exister. L’apparition de l’argot contemporain semble concomitant avec l’urbanisation massive des banlieues dans les années ’70, et la création de grands quartiers populaires destinés à loger les populations en majorité immigrées.

L’argot contemporain s’est constitué à partir d’une base apportée par l’argot classique, avec des mots comme condé ou daron, complétée par de nouveaux mots d’origine diverses, comme garrot venant de l’arabe et probablement apporté par le lexique des population immigrées, ou encore des créations nouvelles issues de mécanismes anciens comme le verlan.3

Dans le livre de Bégaudeau, on voit la présence de ces mots populaires et argotiques4:

 

OUAIS

A. interjection familier. Introduit une phrase exclamative, interrogative, ou constitue à elle seule une exclamation, une interrogation (parfois redoublée) dont l’intonation exprime le doute, la perplexité, l’ironie, et plus fréquemment la surprise]Ouais! dit le roi en se grattant l’oreille gauche avec la main droite, cela fait un bon bout de ma ville! (HUGO, N.-D. Paris, 1832, p.501).

B. [Le plus souvent avec un sens ironique ou sceptique] Synon. de ouiOuais! ouais! c’est bien possible. Ouais, fit Léonie, vous en êtes sûr? (QUENEAU, Pierrot, 1942, p.119).

Prononc. et Orth.: WARN. 1968: init. asp. Ac. 1694: oüay, 1718 et 1740: ouai, ouais; dep. 1762: ouais.

Étymol. et Hist. 1464 interj. ouay! (Pathelin, éd. R. T. Holbrook, 329). Peut-être altération de oui*, sous l’infl. des parlers dial. (FEW t.4, p.444), ou à la suite d’une prononc. négligée (DAM.-PICH. t.6, p.56). Une nouvelle hypothèse a été présentée par D. Bugeanu (R. roumaine de ling., t.16, pp.53-56) qui considère que ouais pourrait venir de la forme d’impér. plur. oyez! de ouïr*, l’angl. oyez, oyes (de même orig.) étant att. comme interj. depuis 1286 (v. NED), et au plan sém. le passage de «écoutez!» à une interj. exprimant la surprise ou l’étonnement, s’expliquant aisément (cf. roum. auzi!). Fréq. abs. littér.: 99. Bbg. LOMBARD (A.). À propos du mot fr. ouais.In: [Mél. Rosetti (A.)]. Bucarest, 1966, pp.479-482.5

   
   

ÇA

Abréviation familier de cela, pronom démonstratif neutre.

A. [En corrélation et en oppos. avec ceci]

1. [Désigne ce qui est plus éloigné du locuteur]

2. Fam. [Valeur d’indéterminé] Telle et/ou telle chose, telle qualité, telle autre, non précisée ou non précisable.Ce triste adieu, il faut le dire à tout : d’abord à sa poupée, puis à ses dix-huit ans, puis à ceci, puis à cela(E. DE GUÉRIN, Lettres, 1831, p. 2).

3. [Remplace ce, pron. dém., chaque fois que l’emploi de ce dernier est impossible, p. ex. devant un verbe autre que être]: Qu’est-ce que c’est que cette chose-là?Ce n’est pas une chose.Ça vole. C’est un avion. SAINT-EXUPÉRY, Le Petit Prince, 1943, p. 417.

4.Pop. [Remplace il, suj. d’un verbe impers.] Ça pleut ( CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 252).

5. Fam. [Désigne une pers., avec une valeur affective] Péj. ouiron. [De mépris, de dédain] 6. Je déclare que ce marquis ne m’a pas charmé du tout, s’écria M. Levrault avec un dédain suprême. Qu’est-ce que c’est que ça, les La Rochelandier? D’où ça vient-il? Où ça perche-t-il? C’est la première fois que j’entends parler de ces gens-là. SANDEAU, Sacs et parchemins, 1851, p. 18.6

ÇA PUE LA MERDE.

Formule de mépris. Expression du langage familier, vulgaire et argotique qui veut dire n’aimer pas quelque chose. 7

De toute façon, le ski ça pue la merde. – 2004 8

 

CHARRIER

CHARRIER1, verbe trans.

Emplois populaireCharrier qqn, se moquer de lui. On s’était fiché de lui en douce, on l’avait charrié (…). Eh bien il n’en a voulu à personne (L. DAUDET, Les Bacchantes, 1931, p. 125).

Prononc. et Orth.: (je) charrie. Timbre de a. Durée longue sur la 1re syll. ds FÉR. Crit. t. 1 1787, LAND. 1834 et GATTEL 1841 qui recommande de prononcer r forte. Dans la transcr. de ces dict. il y a confusion entre la durée et le timbre. Ils transcrivent en fait post. pour la 1re syll. À ce sujet cf.FOUCHÉ Prononc. 1959, p. 86, pour lequel post. a presque disparu de charrier, charroyer et charrue. Cf. aussi charrette. R ou rr.Ds Ac. 1694-1762 avec 1 r; ds Ac. 1798-1932 avec 2 r. Pour 1 r, cf. également FÉR. 1768. Comparer chariot avec 1 r et charrieravec 2 r. c) Conjug. Charrier prend 2 i aux 2 premières pers. du plur. de l’imp. de l’ind. et du prés. du subj. nous charriions, que vous charriiez.

Étymol. et Hist. 1837 arg. «mystifier, duper» (VIDOCQ, Dict. argotique ds SAIN. Sources Arg. t. 2, p. 122). I de même orig. que charroyer(charroyer il charroie), peut-être sous l’influence de verbes comme proyer (précare) prie (précat) qui ont entraîné charroyer charrie puis charrier charrie (NYROP t. 3, § 196-20). Il soit directement issu de I à partir de l’idée de «mener en voiture» comparable au sens pris par l’expr. «mener en bateau» (ESN.), soit, d’apr. P. Guiraud ds Cah. Lexicol. t. 16, 1970, p. 68 et 69, issu de charrer «jaser, plaisanter» attesté ds les parlers de Normandie (v. FEW t. 13, 2e part., p. 362a) et de même orig. que le prov. charra (v. charabia etcharade) par croisement avec charrier au sens de «tourmenter» attesté en m. fr. (G. Chastellain ds K. HESLEMANN, Der Wortschatz von G. Chastellain…,Leipzig, 1937, p. 92) et encore vivant au Canada au sens de «pourchasser» (Canada 1930).9

 

JE M’EN FICHE

FICHER, verbe trans.; FICHE, substitut verbal. Fam., supplétif euphémique de foutre.

[Le compl. désigne une pers.] Aller se faire fiche [S’emploie pour signifier qu’on ne veut plus entendre parler de qqn/qqc.]. Synon. aller se faire foutre (pop.), aller se faire voir. «Je renonce, dit-il, de plus en plus, à être aimé par un autre que Jésus-Christ. Que tout le reste aille se faire fiche!» (BLOY,Journal, 1905, p. 263)

Prononc. et Orth.Ds Ac. 1932, s.v. ficher. Les 2 formes ds DUB. et Lar. Lang. fr. Étymol. et Hist. 1. 1695 pronom. «se moquer de» (GHÉRARDI, Le Théâtre italien [t. V, p. 459, VI, p. 310]);2. av. 1834 «ne pas se tourmenter» (BÉRANGER, On s’en fiche ds LITTRÉ). V. ficher1.10

ON S’EN FOUT

FOUTRE

Vulg. Emploi pronom. 1. [Avec un compl. introduit par de] Ne pas se soucier, se moquer (de quelque chose, de quelqu’un). On s’en fout; ils se foutent de nous. Synon. se fiche/ficher (fam.), se balancer de (fam.). Mon petit Mithoerg, nous nous en foutons inexprimablement, de Janotte..N’est-ce pas petite fille?…(Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 29). −

− Loc. Se foutre de qqc./qqn comme de l’anquarante, de colin-tampon*, de sa première chemise, d’une guigne*, d’une pomme(vx). N’avoir cure de quelque chose, de quelqu’un; n’en faire aucun cas.

2. [Avec un compl. propositionnel] Ne pas se soucier que.Maintenant on s’aperçoit que les Américains sont des brutes aussi racistes que les nazis et qu’ils se foutent qu’on continue à crever dans les camps (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 134).11

CREVARD

Expression vulgaire du langage familier. adj. et subst. Masc.

A. Pop. Petit crevard. Enfant mort-né. C’était bien un garçon à ne faire que des filles et moi? Qu’est-ce que j’avais fait? Un petit crevard, un pauvre petit crevard crevé! (VIALAR, Carambouille, 1949, p. 177).

B. Péj., p. hyperb. Malade sur le/au point de mourir. Tu es assommant, Antonin, avec ta santé. Quand on est si crevard que ça, on reste chez soi (L. DAUDET, Mésentente, 1911, p. 139)

Rem. Attesté ds Lar. encyclop., Lar. Lang. fr.

Prononc.: fém. Étymol. et Hist. 1860 «moribond» (GONCOURT,Journal, p. 861).

Dér. de crever*; suff. -ard*. Fréq. abs. Littér.: 13.12

BLED

A.− Région. (Afrique du Nord). Région située à l’intérieur des terres, campagne. Synon. brousse, désert: Le vent, du fond dubled saharien, soufflait par bouffées lentes, insupportablement chaudes. Mille, Barnavaux et quelques femmes, 1908, p. 132.

− Fam., affectif. Lieu où une personne habite, où elle est née:

Il regardait au loin vers la vallée dont l’air brumeux de l’automne estompait les couleurs sans éclat. − À quoi penses-tu? dis-je d’un ton irrité. Gina et toi, vous avez vraiment l’intention de vous encroûter dans ce bled? (Abellio, Heureux les pacifiques, 1946, p. 312.)

Prononc. ET ORTH.: [blεd]. Kamm. 1964, p. 189 note: La lettre dse prononce [d] à la fin des mots étrangers récemment acclimatés et des noms étrangers. Exemples: bled (= blεd), baroud, caïd, oued (= wεd), empruntés à l’arabe: plaid, celluloïd, stand (= stɑ̃d), empruntés à l’anglais`Lar. 20e enregistre bled ou blad.

Étymol. ET HIST. − Fin xixe s. arg. milit. «terrain, pays» (d’apr. Bl.-W.5 sans ex.); 1905 «territoire» (à Alger dans Esn.); cf. 1907 (France Suppl. Bled. Blède. Terre, pays); p. ext. 1916, 1er sept. «rase campagne, terrain (inhabité) entre les ligne» (Saint-Cassin, Temps Buté in Front dans Esn. Poilu); d’où 1917, 1er sept. «endroit, cantonnement» (Mac Orlan, Journal, ibid.); 1934 pop. «petit village isolé, sans ressources», supra ex. 4. Empr. à l’ar. d’Algérie blad «Terrain, pays», la forme de l’ar. class. étant bilād (FEW t. 19,s)13

BOSSER

Emploi trans. et intrans., pop., fam. Travailler. Pierre est un garçon sérieux; il bosse son examen au lieu d’aller s’amuser (Dub.): Une sacrée saison, interrompit Afanaf. Je bossais, je gagnais du fric, je n’en avais pas d’agrément.

A. Arnoux, Paris-sur-Seine, 1939, p. 195.

PRONONC. : [bɔse].

ÉTYMOL. ET HIST. 1878 arg. «travailler» (d’apr. Esn.); 1888 (Courteline, Le Train de 8 h 47, p. 250). 1 dér. de bosse1*, dés. a. fr. -ier (ultérieurement réduite à -er, Nyrop t. 1, § 193 1o); 2 orig. obsc., peut-être ext. de 1 attesté dans les dial. de l’Ouest au sens de «se courber» (H. Coulabin. Dict. des loc. pop. du bon pays de Rennes en Bretagne, 1891; G. Dottin,Gloss. des parlers du Bas-Maine, Paris, 1899, p. 87) où il a pu prendre le sens de « se courber sur un travail » puis «travailler» (Esn.); mais l’hyp. d’un empr. au vocab. de la mar. (bosser2* désignant une tâche parfois pénible) n’est pas à exclure (Le Clère); on peut aussi penser, s’agissant d’un terme d’arg. scol., à un empr. au vocab. des Beaux-Arts.14

C’EST DE LA CAROTTE

Expression vulgaire populaire similaire à être foutu.

CHIEUR

Chieur,15 masculin

  1. (Familier) Personne qui chie.

  2. (Familier) (Figuré) Personne qui fait chier (emmerdeur).

Étymologie: De chier avec le suffixe -eur.

Du point de vue de la syntaxe, on remarque que la langue oral utilise des tournures typiques du registre familier et populaire qui n’ont aucun respect pour les règles de la grammaire:

  • syntaxe simplifiée et souvent approximative avec des phrases courtes parfois inachevées;

  • anacoluthes, c’est à dire une rupture de la construction syntactique,

  • des interjections fréquentes;

  • usage de l’ellipse qui consiste à omettre un ou plusieurs éléments en principe nécessaires à la compréhension du texte;

  • des pléonasmes, avec l’ajout d’un ou plusieurs mots choisis qui ne sont pas d’abord nécessaires au sens grammatical de la phrase (répétitions);

  • l’utilisation de la juxtaposition paratactique;

  • la suppression de ne et pas dans la négation;

  • le pronom sujet on à la place de nous;

  • emploie de qu’est-ce que et de quoi dans l’interrogation indirecte;

  • usage de c’est à la place de il est;

  • Non accord en nombre de c’est;

  • Omission de il, sujet;

  • utilisation de ça, abréviation de cela;

  • omission du relatif que-qui;

 

TYPE DE FAUTE

EXEMPLE DANS LE TEXTE16

Simplification de la négation: omission du ne.

Il y a environ 95 % d’absence de nedans les conversation, quels que soient les locuteurs.17

  • Il faudrait carrément leur dire de plus venir..;

  • on peut rien pour eux;

  • je prends pas des quatrième..;

  • ça s’fait pas;

  • c’est pas possible;

  • j’sais pas si ça s’fait..;

    je sais pas;

  • c’est pas bien ça;

  • c’est pas de l’expression libre;

  • ça s’fait pas demander aux sixièmes d’effacer..ça s’fait pas;

  • j’sais pas si ça s’fait, mais y’avait pas effacer les élèves;

  • j’aurais pas écrit..;

  • j’sais pas, vous avez dit France et puis un autre truc, j’sais pas;

  • c’est pas un peu chez les paysans,m’sieur?

  • Ça va pas du tout;

  • qu’est-ce qu’est pas vrai?;

  • c’est pas vrai qu’est-ce qu’ils disent;

  • factice on sait pas ça veut dire quoi;

  • personne te demandera des comptes;

  • y’a pas à discuter, c’est tout;

  • je discute pas..;

  • c’est pas ça q’tu veux..;

  • m’sieur, il faut pas rire avec ça;

  • ils veulent pas des filles vulgaires

  • oui, mais y’a pas de débat au brevet;

  • c’est pas comme en France, hein Hinda?;

  • oubliez pas;

  • j’pense qu’on le reverra plus lui;

  • vous voulez tout le monde il est comme vous c’est pas bien ça;

  • qu’est-ce qui va pas?;

  • je sais pas danser, je sais pas chanter, je sais pas jouer du théâtre, je sais pas quoi je peux faire;

  • c’est pas d’la danse;

  • franchement y’a pas moyen;

Simplification de la négation: omission du pas

  • Je ne sais plus quoi faire;

  • ne m’a rendu sa feuille;

Fréquent usage de qu’est-ce que dans l’interrogation indirecte.

Dans un français écrit et soutenu l’emploi de est-ce que dansl’interrogation indirecte est considéré comme incorrect.18

  • On peut même pas mettre qu’est ce qu’on veut;

  • j’ai appris qu’est ce que c’est le Pythagore;

  • je sais qu’est-ce que c’est le commerce triangulaire;

  • mais m’sieur c’est pas vrais qu’est-ce qu’ils disent;

Mauvaise utilisation de quoi dans l’interrogation directe et indirecte

  • ça veut veut dire quoi en locurance m’sieur?

  • du regard Rachel m’a dit je ne sais plus quoi

  • factice on ne sait pas ça veut dire quoi

  • d’où vous savez c’est quoi j’veux faire?c’est n’importe quoi;

  • c’est quoi le truc vous avez dit toute à l’heure?

  • Alors, vous auriez mis quoi m’sieur?

  • Quoi le truc?

  • D’où vous savez c’est quoi j’veux faire?;

  • c’est quoi au juste cette fête?

  • Je sais c’est quoi le présent perfectif;

  • je sais c’est quoi les nouveaux appareilles communications;

usage de c’est à la place de il est.

Dans un français soutenu on utilise la structure il est+adjectif+de+infinitif, alors que l’usage de c’est est plus familier.

  • C’est inadmissible de supporter ça;

  • c’est pour ça, c’est bien que vous soyez là;

Non accord en nombre de c’est

  • C’est tout des crevards;

  • les débats c’est mieux;

  • c’est des animaux;

  • c’est les élèves;

  • c’est ces gents;

Omission du sujet il

  • Y en a deux qui ont ouvert ma salle de classe;

  • mais y’avait pas plus original à peindre..;

  • Y’a des gents qui habitent en Locurance;

  • Si ça se trouve y’a un lien;

  • y’a pas à discuter;

  • m’sieur faut pas rire avec ça;

  • oui, mais y’a pas de débat au brevet;

  • franchement y’a pas moyen,

Utilisation de ça, abréviation de cela.

  • ça s’fait pas;

  • j’sais pas si ça s’fait;

  • c’est pas bien ça;

  • ça s’fait pas demander aux sixièmes d’effacer..ça s’fait pas;

  • Ça va pas du tout;

  • factice on sait pas ça veut dire quoi;

  • m’sieur, il faut pas rire avec ça;

  • C’est inadmissible de supporter ça;

  • c’est pour ça, c’est bien que vous soyez là;

  • ça pue la merde;

  • Si ça se trouve y’a un lien;

  • mais, il ne dit pas que ça, justement;

  • c’était bien la peine de nous faire revenir pour ça;

  • il n’y avait plus ça à faire;

  • si ça s’inscrit dans un projet;

  • tu vas voir ça va te plaire;

  • c’est ça que tu appelles d’la danse?c’est n’importe quoi;

Emploi de on pour nous.

L’utilisation de on pour nous est considéré familier.

  • On peut rien pour eux, c’est comme ça;

  • J’pense qu’on le reverra plus lui;

  • Et le brevet, on s’en fout?;

  • On est obligé d’y aller?;

Omission du relatif que- qui

  • du regard Rachel m’a dit je ne sais plus quoi;

  • m’sieur, c’est quoi le truc vous avez dit toute à l’heure?

  • À cause du français je crois j’ai augmenté mon capabilité sur les rédactions;

  • j’trouve c’est trop vrai qu’elle lui ressemble;

Problèmes avec les temps verbales

  • Les mecs ils faisaient style ils veulent pas des filles vulgaires et eux c’est des animaux;

Problèmes avec les pronoms

  • Les mecs ils faisaient style ils veulent pas des filles vulgaires eteux c’est des animaux;

Problèmes avec les propositions

  • Qu’est-ce que tu te fiche à encore venir dans un collège de crevards?;

  • Djibril n’y avait pas jeté un oeilde l’heure;

  • D’où vous savez c’est quoi j’veux faire?;

  • pour l’instant on mène d’un but mais ça va pas durer;

  • Et j’ai appris plein autres choses;

  • je sais c’est quoi les nouveaux appareilles communications;

Problèmes de syntaxe et de style:

quatrième c’est une plus importante année dans les collèges, donc on doit travailler plus dur et j’ai appris pleine de choses en quatrième. Le français c’est la plus difficile pour moi, mais j’ai travaillée durement donc j’ai appris des choses en français. Je capable de comprendre des petites livres, j’ai appris des vocabulaires que je ne savais pas avant. À cause du français je crois j’ai augmenté mon capabilité sur le rédactions. Le mathe ce n’est pas une matière très difficile pour moi..(..). Le histoire c’est une difficile matière pour moi aussi, mais j’ai appris des choses aussi, je sais qu’est-ce que c’est le commerce triangulaire. C’est un commerce entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique, ils s’échangent des tissus et des esclaves. Je sais c’est quoi les nouveaux appareilles de communication en 19 ième siècle, c’est le télégraphe électrique et cable sous-marins. En anglais j’ai appris beaucoup de choses aussi.. Je sais c’est quoi le présent perfectif…et j’ai appris plein autre choses…

Répétitions

  • La prof elle dit expression libre..;

  • les filles elles se font recoudre;

  • les filles elles se faisaient sodomiser.. (..). les mecs ilsfaisaient style ils veulent pas des filles vulgaires..,

  • Hinda elle est amoureuse;

  • moi je trouve c’est trop vrai;

  • Franchement madame ça s’fait pasdemander aux sixièmes d’effacer Mali et Sénégal et tout ça, c’est comme si vous effacez les élèves ça s’fait pas;

  • le monde il est pourris;

  • J’sais pas, vous avez dit France et puis en outre truc, J’sais pas;

  • Le problème c’est que..;

  • quatrième c’est une plus importante année dans les collèges, donc on doit travailler plus dur et j’ai appris pleine de choses enquatrièmeLe français c’est la plus difficile pour moi, mais j’ai travaillée durement donc j’ai appris des choses en français. Je capable de comprendre des petites livres, j’ai appris des vocabulaires que je ne savais pas avant. À cause du français je crois j’ai augmenté mon capabilité sur le rédactions. Le mathe ce n’est pas une matière très difficile pour moi..(..). Le histoire c’est une difficile matière pour moi aussi, mais j’ai appris des choses aussi, je sais qu’est-ce que c’est le commerce triangulaire. C’est un commerce entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique, ils s’échangent des tissus et des esclaves. Je sais c’est quoi les nouveaux appareilles de communication en 19ième siècle, c’est le télégraphe électrique et cable sous-marins. En anglais j’ai appris beaucoup de choses aussi..Je sais c’est quoi le présent perfectif…et j’ai appris plein autre choses

BIBLIOGRAPHIE

François Bégaudeau, Entre les murs, Gallimard, 2006

Pour les informations générals:

Pour les dictionnaires:

Pour la grammaire française:

  • Françoise Bidau, Grammaire du français pour italophones, Florence, La Nuova Italia, 1994

2Toute les citations sont tirées du livre Entre les murs de Fraçois Bégaudeau, édition Gallimard Folio, 2006, pag. 273-290)

3Wikipédia, disponible à la page http://fr.wikipedia.org/wiki/Argot

4Toute les citations sont tirées du livre Entre les murs de Fraçois Bégaudeau, édition Gallimard Folio, 2006, pag. 273-290)

5Trésor de la langue françaises, disponible à la pagehttp://atilf.atilf.fr/tlf.htm

6Trésor de la langue françaises, disponible à la pagehttp://atilf.atilf.fr/tlf.htm

8Dictionnaire d’argot disponible à la page: http://www.languefrancaise.net/bob/detail.php?id=2794

9Trésor de la langue françaises, disponible à la pagehttp://atilf.atilf.fr/tlf.htm

10Trésor de la langue françaises, disponible à la pagehttp://atilf.atilf.fr/tlf.htm

11Trésor de la langue française, disponible on line à la page http://www.atilf.atilf.fr/tlf.htm

12Trésor de la langue françaises, disponible à la pagehttp://atilf.atilf.fr/tlf.htm

13Trésor de la langue françaises, disponible à la pagehttp://atilf.atilf.fr/tlf.htm

14Trésor de la langue françaises, disponible à la pagehttp://atilf.atilf.fr/tlf.htm

16Toute les citations sont pris du livre Entre les murs de Fraçois Bégaudeau, édition Gallimard Folio, 2006, pag. 273-290)

17Claire Blanche Benveniste, Approche de la langue parlée en français, Paris, Ophrys, 2000.

18Françoise Bidau, Grammaire du français pour italophones, Florence, La Nuova Italia, 1994, pag.368